Auschwitz est mon manteau. Et autres chants tsiganes par Stocka

 

L'histoire Elle dit que « le tournesol est la fleur du Rom », qu’elle est une Tsigane qui aime « la pluie, le vent et l’éclair, quand les nuage quent le ciel ». Elle dit qu’Auschwitz est son manteau et qu’elle ne connaît pas la peur car sa peur s’est arrêtée dans les camps. Elle dit que les notes de ses chansons en romani « sont toutes encore en désordre », mais que cela ne l’empêche pas de dire « Oui à la vie ». Elle, c’est Ceija Stojka, la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner par l’art et par la poésie. Les poèmes de cette autodidacte ont été arrachés aux carnets où se mêlaient dessins, souvenirs de l’horreur, notes journalières et listes de mots allemands dont elle voulait apprendre l’orthographe. Publiés pour la première fois en France, ils révèlent une artiste majeure de notre temps. Merci, Ceija, d’avoir tellement donné.

Verdict :  une découverte étonnante que ce livre. Tout d'abord je lis rarement de la poésie. J'en ai beaucoup lu pendant mes études et y ai rarement trouvé ce que je cherchais.
Si je lis beaucoup sur la cette guerre qui  a tant marqué mes grands-parents (bien qu'ils n'en parlaient jamais), c'est rarement de la poésie.
D'autant plus que l'absence de ponctuation me trouble toujours beaucoup. J'ai donc du lire et relire à plusieurs reprises cette oeuvre singulière d'une survivante des camps qui a du jour au lendemain, eu besoin d'écrire apres des décennies de silence.  On sent que le besoin s'est fait irrépressible et que les mots sont jetés, qu'il faut qu'ils sortent impérativement. L'auteur y parle des camps mais pas que, sa vie et celle de sa communauté en général.
C'est un livre que je trouve un peu difficile d'accès, pour moi en tous cas.  Les mots sont simples mais profonds et on ressent l'ombre de l'horreur dans la plupart des poèmes. Au début j'avais envie d'écrire de l'espoir aussi mais derrière j'ai enchainé avec Hippocrate aux enfers et du coup j'ai eu du mal à retrouver le sentiment des espoirs des survivants.

Alors j'ai relu encore une fois (oui je persiste) et oui il y a de l'espoir malgré les horreurs et les morts, les disparus qui hantent certainement ces lieux mais aussi nos mémoires.

Ce livre m'a permis de prendre conscience une fois de plus de l'importance de ne jamais désespérer, de ne pas couper les liens avec les choses simples comme regarder les nuages et la nature en général.

Ce ne sera pas un coup de coeur mais une découverte , une belle découverte.

Je remercie Babelio et Masse critique et les éditions Bruno Doucey pour ce partage.