L'histoire : 4ième de couverture : Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records.
Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds... Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...

Verdict : de l'auteur je ne connassais qu'un livre de littérature jeunesse que j'avais reçu lors de mon tout premier swap. Mais j'avais noté ses polars.

Zulu nous plonge dans ce que l'Afrique du Sud a de plus sombre et de plus terrifiant : une violence inouie, des hommes sans foi ni loi, n'ayant peur d'aucune exaction.
Ali est un mort vivant suite à ce qu'il a vécu enfant. A l'inverse Epkeen est plus un écorché vif, dégouté du système dans lequel il vit. L'enquete sur les meurtres de deux filles de riches blancs les mènent beaucoup plus loin qu'ils ne l'auraient cru. Au délà de la recherche des criminels, l'auteur nous confronte à la triste réalité des townships, du sida, des enfants violés, démembrés, assassinés sans vergogne, des viols, de la situation épouvantable des femmes dans des milieux dont l'espérance de vie ne dépassera pas 45 ans (selon l'auteur) dans les années qui viennent. Certes l'apartheid n'est plus officiellement. Mais on peut se demander avec l'auteur si le problème n'a pas juste changé de nom; la misère est partout présente, et son flot de conséquences plus sordides les unes que les autres.

L'auteur a une écriture qui nous prend et ne nous lache plus, meme s'il nous confronte à une sorte de témoignage derrière l'histoire, celle d'un peuple encore cruellement blessé par l'histoire et qui n'arrive pas à se relever. Un livre très dur mais que j'ai beaucoup aimé (sans en faire un coup de coeur) mais qui m'incite fortement à découvrir Utu!